Année 1814
Janvier 1814
Dim(anche) 9 (janvier)
PLUIE. LABADIE. MD DESFORGES. FOURCHON. DUPORTAIL. MD CAMPREDON.
Depuis trois [jours] il tombe de la pluie, les rivières ont coulées.
J’ai commencé à travailler à la salle de Labadie et j’y ai travaillé aujourd’hui toute la journée.
Md Desforge m’a envoyé la semaine dernière une chaise à porteur pour l’arranger à neuf. Fourchon m’a aussi envoyé un palenquin pour même objet.
Duportail m’a écrit pour me demander sa voiture que j’ai envoyé par ses Noirs.
Md Campredon est venu loger dans le pavillon du coin depuis hier.
Dim(anche) 16
MD CULLEN. MD DUTREVOU. MR DELPIT SE TUE.
J’ai fini et envoyé la chaise de Md Cullen, j’ai commencé celle de Md Desforges, les calèches de Plasson et de Dumont ainsi que la voiture de Fourchon. Tout va ensemble.
J’ai mis avant-hier des ouvriers à peindre chez Md Dutrévou.
Hier mattin à quatre heure et demie, Mr Delpit le vieux s’est brûlé la servelle. Ses affaires étaient très dérangées. Cette mort va mettre une gêne bien sensible sur la place, il devait beaucoup.
Le mariage de Plasson a été arrêté avec sa fille depuis le 10.
Février 1814
Mars 1814
(Premie)r mars, mardy
GAMIN. TETAR. MD BEGE. BARDET. DINE CHEZ MOI. GIMAR.
De la pluie presque tout les jours depuis le 15 février.
J’ai arrangé depuis ce temps deux appartements chez Gamin. J’y ai mis une bordure que j’ai imprimée moi-même ainsi que chez d’Oeil et Md Dutrévou.
Tétar m’a envoyé depuis quinze jour la calèche qu’il venait de faire peindre par Paris pour être remise à neuf. J’ai aussi un palenquin à Md Bège.
Bardet a marqué et déposé son billan depuis le 25 février.
Samdy dernier mon oncle Roudic, d’Oeil, Hisnard, etc. ont dînés avec moi.
Gimar a mis des ouvriers à faire le plenché de la salle depuis jeudy dernier.
Avril 1814
Mai 1814
Juin 1814
Juillet 1814
15 Juillet
THEATRE. PARNY TUE. S(AIN)T-MARTIN. JOSEPHINE MORTE. JOIE. MD BARRY. MR FARQUAR. SERVICE DE PARNY. LEHOUX. L’ÉTANG-GILLOT. EDMONT. MR MARCHAND. G(ASPAR)D POTIER. COUP DE VENT. GAUTIER BIEN MALADE.
J’ai interrompu ce journal pendant ces mois-ci pour raison, cependant il s’est passé des événements bien importants.
Les voici en gros :
On a ouvert le théâtre en avril et on a successivement joué Le Petit matelot, Alexis et Justine, La Femme colère, et en comédie On fait ce qu’on peut non ce qu’on veut, Jeannot, La Revue de l’an six et enfin le 2 Juillet on a donné une (premiè)re représentation de Paule et Virginie. J’ai fait les décoration de cette pièce à neuf, le public l’a demandé à grand cris et le 7 du même mois, on l’a redonné encore.
Hortus s’est dessidé à faire un voyage à l’Ile de France et il compte partir incessemment.
Antoine Parny s’est brûlé la cervelle le 20 juin à 5 heures de mattin. Sans aprofondir les causes d’un acte de désespoir aussi affreux, je me contenterai de dire qu’il a emporté les regrets les plus vifs de tous ceux qui le connaissait. Pauvre Parny ! Il était si bon, si honnête, si bon ami !
Mr Escapat S(ain)t-Martin est mort subitement à la fin de juin et enfin la maheureuse Joséphine le 6 juillet a quitté subitement ce monde au moment où elle devait s’y attendre le moins. Elle y était bien aimée et le méritait. Jettons des fleurs sur sa tombe et laissons-y couler quelques larmes !
Le 8 juin ah ! Des volumes… On ne meurt pas de joie ! C’était la veille de la Fête-Dieu, voilà tout.
Lundy dernier c’était le 11 juillet une méprise, un grand balalam ! Ah le coquin ! Je lui vaudrai cela. Assez !
Ma cousine Barry est arrivé de l’Ile de France avec son mari dans le courant de juin, elle est reparti le 10 juillet sur le Maguenette, corvette.
Mr Farquar est aussi venu passer quelques temps ici vers la fin de mai, il n’y a resté que peu de temps.
Les dernières nouvelles reçues d’Europe ne sont pas gaye.
Le 28 juin on a fait un service pour Parny où nous avons fait une musique bien analogue à la circonstance.
Lehoux est arrivé avec Mr Farquar et quelques temps après il a été nommé procureur du Roi p(our) le tribunal terrier.
Mr L’Etang-Gillot est mort en mai et le pauvre Edmont Geslin a perdu sa jolie petite Françoise morte du mal de gorge dans le courent de juin.
Gaspard Potier est venu à St-Denis il y a 8 à 15 jours et je ne l’ai pas vu.
Mr Lemarchand père y est venu aussi à peu près à la même époque.
Nous avons eu un terrible coup de vent du 19 au 20 mars qui a presque détruit les girofleries de l’île.
Pendent ce temps j’ai failli perdre mon pauvre petit Gautier [Ferdinand] d’un catare sur la poitrine.
Dim(anche) 17
HISNAR. OPTIQUE. LANGOIT.
Hier, rien de nouveau.
J’ai des ouvriers à peindre chez Langoit qui a pris la maison de François depuis le 15.
Hier mattin, j’ai commencé à faire peindre le dehors du petit emplacement d’Hisnar.
J’ai été ce soir voir un bel optique chez Finance. C’est Bouvas qui l’a porté de l’Ile de France. Il a 6 lantilles.
Hier, j’ai dîné chez Charles Houbert avec Victor Boyé. Nous y avons bu d’exellent vin.
[J'ai fait ce matin les silouettes d'Henriette et de Virginie] [1].
Lundy 18
TETAR. MD JULIEN MORTE.
J’ai vu Tétar cet après-midy, il m’a dit que sa femme est accouchée ces jours derniers d’une fille. L’un et l’autre bien portant. Cette petite fille est venu pour remplacer apparament dans la grande chaîne la vieille Md Julien qui est morte aujourd’hui à midy.
Ce soir étant chez Md Bège, j’y ai vu Gautereau à qui la première présentait un compte de vente. Il lui demanda alors en plaisantant si elle faisait des contes. Elle lui dit en réponse : “Vous faites bien des barons vous, pourquoi ne ferais-je pas des contes ?” Pour l’intelligence du fait, il est bon de dire que ce [monsieur vit avec Madame Baron].
Mardy 19
PINCEAUX. BALLET.
J’ai achettéé avec Gamin deux douzaines de brosses à peindre et un ballet de crains ainsi qu’un paquet de plumes. Les pinceaux m’ont côuté 8 piastres la (douzain)ne, le ballet 15 1(ivres) et les plumes 10 l(ivres)
[Adler et moi avons été conduire les filles de Labadie chez Dubour avec Henriette et Virginie.... nous a bien géné. J'ai pris le pegne d'Henriette pour le racomoder. J'ai passé la nuit avec ma bien-aimée].
Samdy 23
DECELLES. LE MAGUENETFE. [DESSEIN][2]. BAPTEME. D’OEIL. MR JULIEN MORT.
Rien d’extraordinaire mercredy et jeudy.
Mercredy soir, j’ai été avec Adler chez Decelles où j’ai jouer de la guittare toute la soirée.
Hier la Maguenette est enfin arrivé mais quelques contrariettées font que Hortus n’est pas bien certain de partir sur ce navire.
[J'ai fait quelque dessein pour Henriette pour broder et que je lui ai porté ce soir] [3].
Demain d’Oeil donne un dîner chez Delaunay à la rivière des Pluies pour le baptême de son enfant. Nous devons y être beaucoup de monde.
Mr Julien père de Md Raspal est mort hier soir.
Dim(anche)24
FETES CHEZ DELAUNAY. CELINE. BONNES NOUVELLES. ADLER.
Ce mattin j’ai été déjeuné chez Josset aîné avec ses dames.
Batteau Azéma qui relève d’une grande maladie y est venu aussi.
J’ai donné une leçon de guittare à Mlle Elisa et ensuite je suis venu à la maison où j’ai monté à cheval pour me rendre chez Delaunay. J’ai passé chez la bonne femme Céline. Comme je sortais de chez elle, j’ai rencontré la bande joyeuse qui se rendait aussi à la fête. Elle m’a annoncé l’arrivé d’un navire de Londre qui nous a donné de bonnes nouvelles, ce qui a contribué à rendre la partie plus gaie.
Je suis dessendu ce soir avec Gélin qui a tombé de cheval mais ne s’est pas fait de mal heureusement. J’ai passé chez Adler dans l’espoir de savoir quelques nouvelles mais je ne l’ai rencontré ni chez lui ni chez Descelles où j’ai été un moment, ainsi ça fait quitte pour ce soir.
Lundy 25
NOUVELLE FUNESTE. HORTUS.
A midy.
La Henriette est arrivé de 1′Ile de France, elle annonce qu’un vaisseau marchand arrivé dernièrement a porté des gazettes de Londres qui donne la nouvelle funeste de la prise de Paris. Si cela est vrai ! Pauvre France, que vas-tu devenir ? Cependant l’Empereur est à la tête d’une armée conséquente et je ne perds pas encor l’espoir.
Hortus doit s’embarquer sur le Maguenette.
10 heures du soir. Il s’est effectivement embarqué ce soir à cinq heures avec sa famille.
[J'ai donné à Henriette une aliance, elle m'a donné de ses cheveux].
Mardy 26
CANON TIRE. MAILLET. LACHAPELLE LABADIE.
Ces coquains d’Anglais ont fait un vacarme de tous les diables aujourd’hui. Ils ont commencé dès cinq h(eures) du mattin à tirer du canon, à midy, ce soir. Mais au traver de toute leur joie, on semble démêler un embaras qui dénotte que toutes les balivernes de nouvelles qu’ils ont débitées sont très apocrifes. J’ai bonne confiance dans notre grand Napoléon et je ne getterai pas le manche après la cognée encor.
Maillet et Lachapelle sont arrivés ce soir. Maillet m’a surpris agréablement, je ne l’attendais pas.
J’ai été ce mattin chez Labadie d’où j’ai vu toutes les pétarades des Anglais. Tout cela s’est fait fort tristement.
Merc(red)y 27
Rien de nouveau aujourd’hui.
[J'ai passé la nuit avec délice dans les bras de ma bien-aimée]
Jeudy 28
Ce mattin j’ai été chez Mr Ozoux cadet à la rivière voir la maison qu’il veut faire peindre. Adler a dîné avec moi et ce soir nous avons été ensemble chez Labadie où nous n’avons trouvé personne.
Dans la mattinée j’ai été chez Blanchain. J’y ai trouvé des personnes qui y faisaient faire des fleurs de lys en épingles, d’autres faisaient réparer des croix de St-Louis etc. Ils sont devenus fous je crois. Je ne sais pas même si le curé Collin ne va pas prendre la croix de St-Louis aussi. C’est un grand et terrible ennemi de l’Empereur. Je crois que Louis XVIII doit le nommer pape.
Vendredy 29
Rien de nouveau. j’ai passé la soirée avec Adler chez Labadie.
Dim(anche) 31
Hier rien de nouveaux. Adler et Maillet on dînés avec moi.
Aujourd’hui il a mouillé un navire venant de Londre en trois mois.
L’Urbano a la consignation de Gamin. Ce navire confirme les nouvelles qui ont été débitées ici ces jours dernier. Il paraît que la fortune a entièrement abandonné l’Empereur et que la France en a fait tout autant, que Louis XVIII a remonté sur le trône etc. Le tems nous aprendra quel sera notre sort.
Août 1814
Vendre(d )y 5 (août)
OZOUX. X. SERENADE.
Lundy, mardy et mercredy rien de nouveau. Lundy j’ai mis des peintures chez Mr Ozoux cadet.
Avant-hier, j’ai été au parc d’artillerie pour voir Douglas (cap(itai)ne d’artillerie) au suget [du feu] d’artifice que l’on veut pour dimanche. On doit illuminer en raison de la paix générale.
[J'ai passé une nuit délicieuse].
Les Anglais et les plus exaltés Français on donné une sérénade dans les rues qui peut passer pour une mascarade.
Aujourd’hui on a vu au large un vaisseaux que l’on dit être une frégatte française, Dieu le veuille !
Lundy 8
ILLUMINATION. MAL DE DENTS. HORTUS. MES ENFANTS. LA GALLE.
Le navire en question est un trois mâts venant de Madagascar. On croit que c’est le Tigre. Il a passé droit.
Hier soir grande illumination partout mais le vent a contrarié les lempions.
Ce mattin, j’ai eu pour la première fois de ma vie une rage de dents affreuse. J’ai été soulagé tout à fait par l’introduction d’un peu de coton imbibé d’huile de girofle dans le trou de ma dent gâtée.
Ce soir force bamboche dans les rues. Aujourd’hui encore illumination, encore mêmes contrariettées. Le navire de Fayar, arrivé hier, a porté des lettres à Adler qui nous donne des nouvelles d’Hortus et de ses filles.
Mes pauvres petits enfants ont attrapés la galle depuis huit jours.
Jeudy 11
NOUVELLES OFFICIELLES. X.
Beaumanière, arrivé hier de l’Ile de France, annonce l’arrivée d’une corvette à l’Ile de France portant les nouvelles officielles de tout ce qui s’est passé en Europe et que nous avons lu dernièrement.
Pendent les trois jours d’illumination, il a reigné une brise carabinée qui en a empêché l’effet.
[J'ai passé la nuit avec ma bien-aimée].
Jeudy 18
CH(AR)LE HOUBERT. VENTE DE PARNY. DESCELLES. X. PREMONT. COCHON TUE. ADLER. BAL. DENT ARRACHEE.
Tout est stagnant depuis huit jours.
Houbert est aller passer trois jours à son four à chaux à la ravine à Jaque avec sa famille. Il est revenu lundy mattin
On a commencé dimanche la vente du bien du pauvre Parny. Tout a été vendu un prix fou. Les moindres Noirs ont étés vendu 300 p(ias)tres l’un dans l’autre.
Lundy, jour de la fête de Napoléon le Grand a été assez triste. Nous avons Adler et moi dansé quelques wals chez Décelles.
[J'ai passé la nuit avec ma bien-aimée].
Le fils de Prémont-Fayar a commencé le dessein avec moi depuis le quinze de ce mois.
Nous avons fait tuer un cochon que nous avions ici au parc.
Adler est parti hier avec Florance pour la partie du vent.
Il y a eu mardy grand bal au Gouvernement donné par le colonelle Graville.
Je me suis fait arracher une dent hier qui nie faisait souffrir.
Dim(anche) 28
X. LA ST-LOUIS. BAL CHEZ HOUBERT. GUITTARE. OZOUX. ISNARD. GUITARE ECHANGEE.
Il y a huit jours hier que X.
J’ai travaillé depuis dimanche dernier jusqu’à jeudy à des ornements pour la St-Louis qui a été fêtée par un grand souper et bal donné par des souscripteurs. Le tout a été très bien ordonné et charmant. Le lendemain vendredy nous avons, à une vingtaine, dînés ensemble des rogatons de la veille. Nous nous sommes beaucoup amusés.
Ce soir, il y a un bal chez Charles Houbert donné par Florence fils. J’ai soupé chez Montaient.
Il est arrivé des guittares d’Angleterre à Labadie. Elles sont très bonnes et ont été vendues de suite. J’ai porté hier la mienne chez Adler pour être arrangée.
J’ai fait arrangé chez Mr Ozoux cadet deux appartement. J’ai aussi fait arranger le pavillon d’Isnard. J’ai échangé hier la guittare de Mlle Olimpe pour une meilleure avec Faut.
Septembre 1814
Mardy 6 (septembre)
LACAUSSADE. HOUBERT. RIVIERE ET MONICOURT. MONTALENT. DUVERGE. FOURNEAU. MENARD CONCERT. MR DELESTRAC. ADLER. X. MD DUFFAUT MORTE. CHARLOT.
J’ai mis avant-hier des peintres à travailler chez Lacaussade pour arranger son salon.
Charles Houbert est revenu hier mattin de St-Paul où il était depuis quelques jours.
Dimanche dernier j’ai soupé chez Deschamps avec Rivière de St-Joseph et Monicourt-Grimaud.
Samdy, j’ai passé la soirée avec la famille Duverger chez Montaient. Ses demoiselles ont chanté divers morceaux.
J’ai fait aujourd’hui un fourneau à aspiration pour faire du ver[n]ix.
Ménard est venu ce mattin m’inviter à un concert qu’il doit donner samdy prochain.
Ce soir, j’ai été chez Duvergé. Sa femme arrivait de voir Mr Delestrac père qui, dit-elle, ne passera pas la nuit. Adler est à St-Paul depuis samdy.
La nuit dernière X.
J’ai recommencé à donner des leçons à Mlle Laurent qui avait cessé pendent quelques jours à cause de la mort de sa g(ran)d-rnère, Md Duffaut, décédée il y a trois semaines.
Charlot est venu de l’habitation où il était resté malade. Il n’est pas encor rétabli.
Lundy 12
CONCERT. PLUIE. MLLE DUJARDAIS. GUITTARES ACHETÉES. JEUNES GENS DE STPAUL. RIBOTTE. ECOLIER DE DESSEIN.
Le concert qui devait avoir lieu samdy a été exécuté ce soir. Il est survenu une pluie abominable qui a commencé samdy. Enfin, aujourd’hui, contre vent et maré, on a entendu les divers morceaux qui composaient le concert. Duo de piano p(a)r Mlles Ménard, charmant et bien exécuté. Concerto de violon par Olivier, bien. Le tout a été terminé par un morceau de chant exécuté par Mlle Dujardais, charmante voix, gosier flexible comme une flûte, très bien, parfaitement.
J’ai choisi deux guittares nouvellement arrivé de Londre pour Houbert, bons instruments.
Plusieurs jeunes gens de St-Paul sont ici. Chérimont, les Chauvet, etc., nous fait un diable chargé de bamboches hier soir chez Deschamps.
J’ai commencé aujourd’hui à réunir les élèves de dessein du collège et ceux de chez moi dans ce dernier lieu.
Vendredy 23
X. PARTIE A LA RIVIERE LE 18. MD GRINNE FAIT FAUSSE COUCHE. ENFANT DE MD MONTAULARD MORT. CH(ARLES) HOUBERT. BOYER AINE. G(RAN)D BAL.
Dimanche dernier j’ai passé la journée avec Montaient, Gludic, etc., et leurs dames dans la rivière aux basaltes. Nous nous sommes bien amusés.
La veille j’ai apris par d’Oeil que Md Grinne était accouchée d’un enfant mort. Ma femme y est allée en palenquin la voir de suite et est revenu avant-hier soir. Grinne qui était à St-Paul depuis quelques jours est revenu mardy avec Edmont d’après cette nouvelle.
Md Montaulard a perdu avant-hier son dernier enfant d’une dissenterie putride.
J’ai dîné chez Houbert ce même jour.
[J'ai été samdy X].
Boyé aîné m’a engagé à recommencer à donner des leçons à ses demoiselles.
Il y a ce soir grand bal au Gouvernement donné par les officiers de la garnison en retour d’une pareille fête que Mr Marcelin Dejean leur a donné à la vigne.
Mercredy 28
SERENADE. CAYERS RELIERS. SEMONT.
Avant-hier, Olivier, Gimar, Adler et moi après avoir passé chez Decelles la soirée à jouer de la guittare et chanté, avons été en sérénade. Nous avons drôlement soupé dans le milieu de la rue.
J’ai relié pour Ménard deux gros cayers pour copier de la musique.
J’ai mis des ouvriers à la maison de Sémont depuis lundy dernier.
Octobre 1814
Lundy 3 (octobre)
FRERE A UNE ATTAQUE DE NERF. PINCEAUX ACHETTES. TOILE POUR CHEMISES. MD LECOMTE. MAMET. FOURNIER. BAL ET SOUPE DE BEQUE. PALENQUIN. DURAUTOU.
MD GRINNE. MR MARTIN. PEINTURE. MR SEMONT.
Vendredy dernier, étant chez Descelles le soir, Frère a eu une attaque de nerfs occasionné par une indigestion. Il nous a fait une venette du diable. Nous avons envoyé chercher d’OEil qui l’a de suite tiré d’affaire en le faisant vomir avec l’eau chaude.
J’ai achetté samdy chez Gamin trois douzaines de pinceaux-brosses assortis à 6 p(ias)tres la d(ouz)a(ine).
J’ai donné à Buttier un bon de quarante piastres de Laurent Fantoni pour de la toile pour me faire des chemises.
J’ai fait des desseins de festons pour Md Lecomte médecin. J’ai renouvellé connaissance avec Mamet aîné qui vient d’arriver de l’lle de France. I1 m’a dit que bientôt nous vairions Fournier ici. Ça me fera bien plaisir.
Hier, nous avons eu un bal et soupé donné par Béqué au jardin de Md Douyère, j’ai dansé.
J’ai envoyé à Md Grinne jeudy dernier le palenquin que j’ai fait pour elle. On dit que Durautou a eu une affaire désagréable avec le domestique d’un Anglais qui s’est permis de la frapper dans un moment de surprise. Point de nouvelles de France.
Monsieur Martin est venu ces jours derniers à St-Denis.
J’ai achetté chez Faur quatre baril de peinture et deux barbeaux d’huile pour compte et p(ou)r la maison de Mr Sémont.
Md Grinne a fait une fausse couche avant-hier au Grand Hazier.
Samdy 8
X. MUSIQUE CHEZ LESTRAC. MD DESPECI. CAYER DE MUSIQUE.
Hier soir X.
Nous avons, Olivier Gimar et moi, passé hier la soirée chez Fanchain Delestrac à faire de la musique. Nous devions y entendre chanter Md Despécis mais bernicle.
Rien de nouveau depuis huit jours. Point de nouvelles de l’Europe. Nous sommes dans une incertitude cruelle sur notre sort.
J’ai fait et et relié un joli cayer pour noter de la musique de guittare p(ou)r moi.
Lundy 17
PARTIE CHEZ MONCALENT.
J’ai monté hier mattin chez Montalent à la Montagne. J’y ai passé la journée avec les dames Montalent et C(har)les Houbert et quelques autres personnes. Nous nous sommes bien amusés et sommes dessendus à pieds ce mattin.
Mercredy 19
CLARICE GIRAUD. GRINNE. PAIX GENERALE.
Md Clarice Giraud est arrivée ici ces jours derniers. J’ai été la voir et nous avons parlé d’un projet d’éducation pour mes enfants.
J’ai passé la journée d’hier au Grand Hazier avec mon frère. Je n’avais pas vu sa femme depuis sa fausse couche.
Demain mattin je pars avec Longpré, Ménard etc pour St-Paul. Nous y devons y donner un concert.
Nous avons enfin apris la nouvelle de la signature de la paix générale d’où résulte que nous restons à la France et l’1le de France au Anglais.
Novembre 1814
Jeudy 17 (novembre)
VOYAGE A ST-PAUL ET A ORRERE. ABCES A L’ANUS. RIXTE. ANGLAIS BOXES. CHAPEAUX ACHETTES. SALLE ARANGE. BRUNET.
J’ai passé huit jours à St-Paul. Le dimanche 22 (octo)bre nous avons donné un joli concert. Pendant ce temps nous n’avons fait que faire de la musique et nous amuser, des dînés, bamboches etc.
Le jeudy 26, Longpré, Gimar, Lemarchand fils et moi, nous [nous] sommes mis en route pour Orerre où nous avons passé deux jours avec le bon hermite de cet endroit, fort agréablement.
Nous sommes venus le Samdy soir couchés chez Courjon et le dimanche mattin Longpré et moi sommes arrivés en pirogue à St-Denis.
Gimar était parti la veille à cheval avec Delpit que nous avions trouvé là. Lemarchand nous a accompagné à la Pocession où nous l’avons quitté.
En arrivant à St-Denis j’ai été obligé de mettre au lit que j’ai gardé près de 15 jours pour un dépot qui m’est venu au fondement et qui m’a cruellement fait souffrir.
Lamélotté s’est jetté dans le rampard, au jardin de l’intendance avant-hier, dans la nuit et s’est tué. Dans la même nuit, Mévin, Despéroux, Fourchon et plusieurs autres ont été insultés grièvement par deux off(icie)rs anglais : Watson et Greer. Ces derniers ont été pillés et boxés d’une dure manière pour leur apprendre la politesse.
J’ai achetté deux chapeaux chez Sémont.
Hier et aujourd’hui, je me suis occupé à faire lever le plancher de la salle et à la mettre en état d’être peinte et tapissée.
J’ai donné à la fille de Brunet une première leçon de guittare aujourd’hui.
Décembre 1814
Jeudy 15 (décembre)
SUZOR ARRETE. FALMON. MLLE JULIENNE. PLUIE. LA TREILLE TOMBE. JAMIN ET
GIMAR. GIMAR SE MARIE. MAL DE GORGE. DESMOLIERE. DESCELLES VOLE. MD HOUBERT MONTEE. [MA] FEMME MALADE.
Depuis le mois dernier rien de nouveau d’Europe. Le Maguenette a pris le navire que commandait Suzor portant des Noirs. Il a été arrêté. Son second, créole d’ici, s’est échapé de prison. Falmon, armateur, s’est évadé et on a promis 2000 p(ias)tres à celui qui le découvrirait.
Ces jours derniers, la même corvette a encor arrêté un autre navire et l’a conduit à St-Paul mais il a été rellaché de suite.
J’ai commencé avant-hier à donner des leçons de guittare à Mlle Julienne.
Depuis avant-hier il tombe la première grande pluie de cette année. Les rivières sont dessendues. La pluie a fait tomber une partie de ma treille aujourd’hui.
Gimar et Jamin ont rompu leur societté dans le commencement du mois. Le premier se marie incessamment à Mlle Grélan.
J’ai eu un violent mal de gorge à la suite d’un ténesme des plus tenaces.
J’ai commencé lundy dernier à peindre la maison que Desmolière a achetté de Tétiot.
Descelles a été volé il y a quatre jours.
{Hier et aujourd’hui je me suis occupé à faire lever le plancher de la salle et à la mettre en état d’être peinte et tapissée.
J’ai donné à la fille de Brunet une première leçon de guittare aujourd’hui.] texte déjà noté le 17 novembre !
Md Charles Houbert est monté à l’habitation avec toute sa famille pour y passer quelques semaines depuis le 10 ou le 12 courant.
Ma femme a eu une supression qui la rendu très malade, heureusement ce n’a été rien par suite.
Samdy 17
La pluie a continué jusqu’à aujourd’hui avec violence.
Deux Anglais ont pariés d’aller l’un à pied et l’autre à cheval sur le même cheval, tout deux pendant un mois à Ste-Suzanne chez Mr Keating, le mattin et revenir à St-Denis le même jour. Aujourd’hui est le dernier jour du pari et malgré les rivières et le mauvais temps ils ont achevé leur opération et par conséquent gagnés les 350 p(ias)tres du paris.
Ce n’est pas sans risque de laisser leur peaux aux poissons.
[1] Ecrit en code, ainsi que les passages suivants entre crochets.
[2] Ecrit en code, ainsi que les passages suivants entre crochets.
[3] Ecrit en caractères codés, ainsi que tes passages suivants entre crochets.
